Rencontre avec le Préfet de
la Meuse le 04 mars 2010
La délégation était composée du Président de
la FDSEA,
Nicolas Pérotin, il y avait également la présence de Menoux Daniel, Ries Didier,
et Etienne Benoit, administrateur à la
FDSEA. Denis Domallain, directeur de
la DDT et Bertrand
Lheureux, responsable du service d'économie agricole assistaient également à
cette rencontre.
La FDSEA a souhaité cette rencontre avec le Préfet car
il ne pourra pas être présent à l'Assemblée Générale pour réserve électorale,
ceci afin d'évoquer les événements de l'année 2009 passée et de faire un bilan
sur les échecs, pour permettre à 2010 d'être plus propice aux demandent des
agriculteurs.
La délégation précise que le 19 Février 2009, le
Président de la
République a tenu un discours qui aujourd'hui est loin de la
réalité.
2009 et ses chiffres
En 2009, la bonne récolte en volume et en
qualité ne compense pas la baisse des prix de vente des productions végétales et
la hausse des coûts de production. La volatilité a été d'une amplitude extrême
sur les marchés des céréales conduisant à la chute des prix. Depuis 40 ans,
jamais les prévisions du revenu agricole par l'INSEE n'ont été aussi négatives.
En 2009, l'économie française a connu un recul d'activité si fort qu'il faut
remonter aux années 1930 pour observer un repli de même amplitude.
Malheureusement, l'agriculture aura été au diapason de la situation économique
française : le revenu net des entreprises agricoles reculerait de -34.4% en
2009 selon les estimations de l'INSEE. C'est inacceptable de ne pas vivre de son
métier.
Les projections des résultats économiques des
exploitations agricoles sur 2009 confirment l'inquiétude des agriculteurs. Quel
que soit le système étudié, les résultats sont en chute, entraînés par un
" effet ciseau " : augmentation des coûts de production combinée
à une baisse brutale du prix de vente des produits.
Sur tous les systèmes d'exploitations
(céréales-lait, céréales-ovins...), le revenu des agriculteurs est en très forte
chute.
Bilan de santé de la PAC
Au fil des réformes successives, l'Europe a
détruit tous les outils de régulation qui existaient jusqu'à présent et ceci a
crée une très grande volatilité des prix dans toutes les productions et nous
avons pu constater les dégâts dans le prix de vente de nos productions !
Pour les céréales, il faudrait obtenir un prix plancher économique. Il existe un
budget et il doit être utilisé. En 2010, il faut passer de 3 millions à 6
millions de tonnes de blé et encadrer l'adjudication des céréales en fixant un
plancher à 95% du prix de référence de 101 € / tonne. La question est aussi de
savoir comment gérer l'après 2013 et dans quelles conditions ?
Alors que les suicides dans certains secteurs
font la " une " des médias, la FDSEA demandent un état des lieux des
suicides dans la profession agricole et savoir ce que l'on peut mettre en place
derrière pour l'accompagnement des personnes. L'année 2010 risque d'être encore
plus difficile pour les agriculteurs alors il faut agir !
Le bilan de santé en 2010 est annonciateur de
plusieurs embûches à l'encontre des agriculteurs. Un comité de suivi des grandes
cultures promis en Mars 2009 au plus haut niveau de l'Etat devait être prévu si
les prix durablement élevés ne se réalisaient pas.
En 2010, la consommation mondiale va augmenter
et la production est en dent de scie. Quel choix de l'Europe ? Quelles
perspectives pour l'Europe ? Est-ce qu'il faudra exporter dès la récolte
pour ne pas perdre. Le bilan de santé fait perdre 10 millions d'euros au
département, et le plan de soutien en ramène environ 3 millions.
La règle pour les prairies temporaires de
moins de 5 ans est qu'il faut conserver au minimum 50 %. Il faut supprimer la
contrainte des 50 % puisque par nature la prairie temporaire fait partie des
cultures inclues dans une rotation ou alors avoir de la souplesse, et donc
revenir au retournement complet. Cette règle est contraignante et
individuellement représente peu, mais à force de petites contraintes cela fait
un lot de contraintes qui pèsent sur lourd sur les exploitations des
agriculteurs Meusiens.
L'objectif des particularités topographiques est
de maintenir des prairies permanentes, parcours etc. sur les exploitations et
donc il ne faut pas obliger les agriculteurs à replanter et recréer une
particularité topographique. Les mesures environnementales ont un coût. Le 1%
peut être déjà réaliste dans les efforts des bandes tampons, mais les 3% et 5%
d'augmentation ne vont-ils pas à l'encontre du discours du Président de
la
République et du Ministre de l'Agriculture, l'agriculture
productivisme, avec l'obligation d'intensifier les 95 %
restants ?
Dans la précédente mesure rotationnelle, il
existait une dérogation possible suite aux incidents de culture. A ce jour, nous
n'avons pas encore la circulaire de la nouvelle mesure ouverte pour 2010, et
nous espérons que les mêmes dérogations seront prévues. En effet, l'interdiction
d'implanter la même culture deux années de suite doit être supprimée dans ces
cas.
Quelques points à
éclaircir
La directive nitrate prévoit une couverture
automnale et hivernale des sols à 100% pour 2012. Des charges d'implantation et
de destruction sont nuisibles à notre compétitivité, avec un effet
environnemental incertain. Ainsi, la FDSEA demande de la souplesse avec une
franchise des surfaces de 20 % pour que le mulch paille soit reconnu et plus de
latitude pour la destruction, et parce que c'est une mesure obligatoire, il faut
que les surcoûts soient financés.
La fin de la chasse est arrivée, il est
nécessaire de faire le point sur le niveau de populations restants dans les
massifs. Plusieurs sociétés n'ont pas réalisé le nombre de bracelets attribués.
Si c'est par un manque de population, on peut éventuellement le comprendre, sous
réserve que le comptage ait été bien réalisé, mais dans les autres cas, quelles
sanctions seront appliquées ? La procédure des tirs de nuisible par les
propriétaires et les exploitants est possible pour le mois de Mars. Les demandes
déposées à la DDT
viennent d'être validé par la
DDT et par le Préfet. Les agriculteurs peuvent demander des
protections pour les clôtures à la Fédération de Chasse pour ainsi
protéger leurs cultures.
La vaccination de la FCO de la campagne 2008/2009 n'a pas été
à la hauteur des éleveurs Meusiens. Les vétérinaires Meusiens (sauf 2 cabinets)
ont eu un comportement intolérable en refusant d'aider les éleveurs, comme dans
2 ou 3 départements. Au final, le GDS et la DDSV ont dû faire les dossiers pour les
remonter à France Agrimer, et aujourd'hui les remboursements n'ont pas eu lieu
mais cela ne devrait tarder.
Dernier point pour l'utilisation de
la RN 135 pour les
engins agricoles, le même arrêté préfectoral devrait être utilisé cette année
pour la période du 15 Juin au 31 Octobre afin de permettre aux agriculteurs de
réaliser leurs travaux et en particulier les livraisons au silo de
Velaines.
Distorsions de concurrence
L'objectif du grenelle est de prévoir la
disparition des molécules, alors que nous pouvons répondre à l'impasse
technique, agronomique et économique. Il faut un moyen pour compenser les
pertes, soit donner une alternative aux agriculteurs. Le désherbage mécanique
n'est pas une solution.
Les productions végétales financent les agences
de bassin par la
TGAP, mais avec des revenus négatifs, les agriculteurs ne
peuvent plus supporter cette charge supplémentaire. Il faut porter cette taxe en
pied de facture pour qu'elle soit répercutée aux consommateurs.
Concernant le bilan carbone, il faut entrer dans
une logique de bilan avec un système équitable par rapport à la société.
Aujourd'hui, il y a 75 % d'exonération, c'est une annonce trompe l'œil. Tous les
partenaires (livreurs) sont concernés également, et ils vont répercuter leurs
charges aux agriculteurs. Ce bilan carbone n'entre pas dans l'Europe, mais cela
est une taxe spécialisée à la
France.
Le combat syndical aura permis d'obtenir, à
partir de Janvier 2010, une diminution sensible du coût de travail des salariés
saisonniers, par une réduction des charges sociales d'environ 1.30 € de l'heure.
Mais cela ne suffira pas ! Face aux 11.32 € de l'heure congés payés inclus
en France, le coût horaire de ces saisonniers est à 6 € en Allemagne, à 7.37 €
en Belgique ! En arboriculture, la main d'œuvre c'est 50 % du prix de
revient !!! Jusqu'à quand va-t-on laisser la production française
disparaître et les emplois qui vont avec... ? Il y a urgence, il faut agir
contre le recours à grande échelle des abattoirs allemands d'une main d'œuvre
" low cost " provenant des pays de l'Est européen (payée aux
conditions des pays d'origine) qui leur donne un avantage concurrentiel de 5
centimes d'€ au kilo de carcasse.
Au niveau du plan de soutien, on peut voir qu'il
y a un manque d'enveloppe apparent. Il faut un accompagnement important pour les
agriculteurs car cela va être encore difficile jusqu'en Juin. Au niveau du FAC,
l'Etat a débloqué que 80 % de l'enveloppe, à quand le solde des 20 % et le
complément d'enveloppe nécessaire ?