Calamités pour les
mirabelles ?
Triste bilan sur les mirabelliers des vergers
des Côtes de Meuse, des fruits fendus, explosés, pourris. Les producteurs font
leur maximum mais sont bien conscients qu'ils ne pourront pas tout récolter. La
récolte s'annonçait pourtant exceptionnelle, autant en quantité qu'en qualité.
Malheureusement la pluie du 15 août a bouleversé tous les plans, si la pluie en
elle-même ne pose pas de réel problème, l'atmosphère humide qui a duré plus de
48h a largement contribué à fendre les fruits ou les faire exploser.
Le 27 Août dernier, se sont donnés rendez-vous à
Buxières sous les Côtes : Messieurs. B. LHEUREUX, Chef du service de
l'Economie Agricole de la
DDT de la
Meuse, C. LEPAGE (représentant CR), E. BENOIT (représentant
FDSEA), A. MOUTAUX (représentant Chambre d'Agriculture), A. DEKETEL
(représentant JA) et B. DEMOLLIENS, technicien spécialisé en qualité d'expert.
Suite à l'arrêté préfectoral du 24 Août, instituant une mission d'enquête
chargée d'évaluer les dommages subis par les vergers au mois d'Août 2010 et
susceptible de donner lieu à indemnisation au titre des calamités
agricoles.
Au programme visite de 4 vergers pour mesurer
l'étendue des dégâts et de la coopérative fruitière " Jardin de
Lorraine " de Billy sous les Côtes. M. LHEUREUX doit soumettre le dossier
au comité départemental d'expertise pour valider le dossier afin de l'envoyer au
Ministère de l'Agriculture avant le 15 septembre et qu'il passe en commission
pour le 13 octobre.
Visite des
vergers:
Dès la première visite le ton est donné, fruits
fendus et présence de Monilia (champignon microscopique qui se développe avec
l'humidité et fait pourrir les fruits). Les exploitants ont d'ailleurs délaissé
ce verger pour se concentrer sur un moins touché, l'objectif étant de pouvoir au
moins payer la main d'œuvre (en moyenne les chantiers de récolte sont de 10
personnes voir 12 pour certains). Un chantier récolte en moyenne 1200-1600
kg/heure en bonne conditions, cette année avec le tri les chantiers peinent à
dépasser les 500 kg/heure. Le coût de la main d'œuvre pour cette année est donc
multiplié par deux. La cueillette n'a été que très peu utilisée, trop de tri,
les cueilleurs n'étant pas rentables.
Verger suivant, même constat, environ 85% de
fruits explosés, l'exploitant garde le moral mais se demande comment motiver
d'éventuels repreneurs. L'exploitant suivant a abandonné certains vergers, il
sait qu'il lui reste 3 semaines de récolte ce qui ne sera pas possible (les
fruits ne tiendront pas aussi longtemps), il essaie donc en priorité de récolter
les vergers les moins abîmés, il privilégie la qualité des fruits et donc du tri
au détriment de la vitesse, ce qui lui réussit car jusque lors il n'a eu aucune
palette de refusée.
Dernière visite de vergers chez le président de
la coopérative fruitière qui s'inquiète. En effet il n'a plus de mirabelles à
vendre en frais, le peu qu'il réussit à récolter servira à faire de l'eau de
vie, or il est conscient que la coopérative s'était engagée dans certains
contrats comme les fruits surgelés ou au sirop et qu'elle ne pourra pas
tout honorer.
Inquiétudes à la
coopérative :
Les fruits se gardent moins bien cette année, en
effet une fois que le Monilia est présent les fruits peuvent pourrir très vite.
Le contrat de fruits au sirop a été dénoncé, les camions ayant été refusés.
Suite au peu de palettes rentrées les saisonniers embauchés ont été priés de
rentrer chez eux. Dès lundi les rentrées de fruits en tout venant pourraient
commencer mais reste à savoir les débouchés. Les agriculteurs essaient de garder
le moral face à un sinistre qu'ils n'avaient pas vu depuis au moins 30 ans, mais
pestent contre les conditions climatiques qui ont attendu que tous les frais
soient engagés (emballages, les saisonniers embauchés, dépenses sur le matériel
en prévision de cette récolte importante...), pour se détériorer.