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    Dossiers Productions / Lait / 2010 / Juin
 
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  25/6/2010
  "Comment s'organiser pour être acteur de notre revenu ?" (Article paru dans TerrA N°226 du 25 juin 2010)


Comment s'organiser pour être acteurs de notre revenu ?

 

L'organisation des producteurs est au cœur de l'actualité agricole, et plus particulièrement de celle de la filière laitière. Pour témoigner de leurs expériences lors de la journée laitière, la FDSEA a fait intervenir Georges Guézénoc, producteur de légumes bio à Kerlouan et Daniel Koller, secrétaire Romand de la Fédération des Producteurs Suisses de Lait (PSL).

 

Être plus fort face aux expéditeurs !

Il y a 50 ans, les producteurs de légumes se sont regroupés pour être plus forts face aux expéditeurs. Avant la création de l'organisation économique, le Cerafel, les producteurs n'avaient aucune transparence sur les volumes et les prix " explique Georges Guézénoc. " Malgré des actions de gestion de marché indispensables à la filière, aux dires des anciens, la mise en place de l'organisation économique fut dure. Pourtant des groupes de producteurs qui initialement étaient opposés au système, l'ont progressivement rejoint. Le cadran, outil de mise en marché géré par le Cerafel, a favorisé cette transparence sur les transactions. Georges Guézénoc rajoute que le rééquilibrage des rapports de force, au travers de l'AOP Cerafel, a permis de bâtir des relations plus constructives avec les expéditeurs.

L'AOP Cerafel, reconnue Association d'Organisations de Producteurs depuis décembre 2008, a pour but de coordonner les actions des Organisations de Producteurs (OP) visant notamment la gestion de marché, la recherche et l'expérimentation. " Mais pour être efficace, il faut des règles respectées de tous, comme celles de l'apport total et du strict respect du cahier des charges. Les producteurs ont des droits, mais aussi des devoirs ", précise-t-il.

Georges Guézénoc alerte les producteurs laitiers : " L'organisation économique n'évitera pas les crises conjoncturelles, mais les atténuera. Combien de producteurs de légumes serions-nous aujourd'hui, sans cette organisation ? "

 

Tirer des leçons de l'expérience suisse !

La Suisse, pays d'herbage, comptant plus de 27 000 producteurs de lait, remet en question son schéma d'organisation, créé pour préparer les producteurs à la sortie des quotas laitiers au 1er mai 2009.

Un déséquilibre dans le rapport de force. Daniel Koller de la Fédération des Producteurs Suisses de Lait présente brièvement les particularités de leur filière laitière :

  • 2 groupes de distribution qui représentent 85 % du marché.
  • 4 laiteries qui transforment plus de 80 % du lait de centrale.
  • 31 OP (organisation de producteurs ou pool régional) et OPU (Organisation de Producteurs-Utilisateur), dont certaines organisations qui sont de " francs tireurs ". Aucune concertation entre les organisations.

Vers un pool national. " Nous avions comme projet initial la création d'un pool national qui aurait pour objet la concentration du lait de centrale. C'était sans compter sur les transformateurs qui ont fait échouer nos discussions. " précise Daniel Koller.

Daniel Koller constate qu'au sein de l'interprofession laitière, comprenant la grande distribution, il est " impossible " de mettre en place une régulation. Il explique cette incapacité par des organisations de producteurs opportunistes et un manque de volonté des producteurs de respecter une discipline. Les transformateurs interviennent également pour attiser la division entre les producteurs et maintenir ainsi les problèmes de gouvernance au sein du maillon.

Face à ce bilan, les responsables de la Fédération des Producteurs Suisses de Lait ont la volonté de reprendre en main la gestion de la collecte, en conviant toutes les organisations à concentrer leur lait au sein d'un pool laitier national. Daniel Koller invite les producteurs français à retenir les leçons de cette expérience. Dans 5 ans, la France laitière pourrait rencontrer les mêmes difficultés.

Au travers de ces deux exposés, les intervenants ont mis en évidence que le renforcement du pouvoir de négociation du maillon de production passera par une volonté forte des producteurs de peser face aux transformateurs. Thierry Merret, Président de la FDSEA conclut la journée en indiquant que La répartition de la marge dans la filière est le résultat d'un rapport de force. À nous de l'établir en notre faveur ! Ce n'est qu'unis et organisés que nous pourrons vivre de notre métier. "

Article paru dans TerrA n°226 du 25 juin 2010


Auteur : Claire Le Grand, Animatrice des section de Production

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